Archives de Tag: philosophie

Petite légende hindoue

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« Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eût un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

brahmaBrahma, le dieu créateur de la trinité hindoue

Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : « Enterrons la divinité de l’homme dans la terre. »

Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera. »

Alors les dieux dirent : « Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans. »

Mais Brahma répondit à nouveau : « Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera à la surface. »

Déconcertés, les dieux proposèrent : « Il ne reste plus que le ciel, oui, cachons la divinité de le ciel. »

Mais, Brahma répondit encore : « Non, un jour, l’homme parcourra le ciel, ira sur la Lune et la trouvera. »

Les dieux conclurent : « Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour. »

Alors Brahma dit : « Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme: nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. »

lumière

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Yoga : mot compte triple

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Le yoga, c’est le nouveau truc à la mode. Discipline branchouille, fitness en legging moulant et brassière fluo, zen attitude même dans les bouchons sur le périphérique… Tout ça, c’est déjà bien, et c’est la version occidentalisée à outrance. A la base, le yoga est assez vieux : ses origines remonteraient au VIIème siècle avant Jésus Christ ! Et à l’époque, les salles de sport et les régimes hypo-caloriques n’étaient pas vraiment la priorité.

Retour sur un phénomène intemporel !

Petite définition

Le mot « Yoga » vient du sanskrit et signifie unir, relier. L’idée, c’est d’aligner le corps, le cœur et l’esprit. Puis de s’aligner soi-même avec l’univers, tout en alignant le corps lorsqu’on effectue une posture. Bref, une histoire de lignes… Tout le travail tend à unifier l’être humain en le mettant en relation avec son intériorité. Et c’est à l’intérieur qu’on trouve l’absolu (gros concept !).

Ca sert à quoi en fait ?

L’Inde est la terre d’origine du yoga. Du coup, sa philosophie et ses représentations sont inspirées de cette civilisation, d’où le lien avec l’hindouisme. Mais nul besoin de prier Krishna pour pratiquer ! C’est une discipline laïque, élaborée depuis la plus lointaine antiquité pour aider les êtres humains à traverser la souffrance, et trouver l’unité et la joie dans leur corps et leur âme. Ensuite, une fois connecté à soi, on est libre de se connecter à l’univers entier : le but ultime d’une vie (le fameux « éveil » dont les Bouddhistes parlent).
Comment arrive-t-on à cela ? Via les postures bien sûr, dont l’objectif est surtout de préparer le corps pour la suite, mais aussi via des exercices de respiration, la méditation et la pensée positive, une alimentation saine et végétarienne, la relaxation… (on en reparlera).
Voilà, c’est ça, la recette du yoga : transformer en profondeur sa manière de vivre, de voir les choses, de bouger son corps, de se nourrir, de se reposer, de penser, d’aimer… Pour se rapprocher de son véritable soi. Exigeant, certes, mais quoi de plus essentiel que d’être vraiment soi ? Tout le reste, la carrière, la famille, les amis, la retraite et les vacances, tout cela ne vaut pas grand-chose si on joue un rôle, si l’on vit loin de son cœur.

Toute cette philosophie de vie est issue d’une tradition orale où l’enseignement était transmis directement du professeur à l’élève, pendant le gurukula (période durant laquelle l’élève vivait au quotidien aux côtés de son maître spirituel). Patanjali, le célèbre sage indien, a rassemblé cette tradition orale il y a 2000 ans dans ses Yoga sūtra, un traité sur la philosophie du yoga. Cet ouvrage composé de 195 sūtra constitue une sorte de guide philosophique. Comme quoi, on se méprend vraiment lorsque l’on réduit le yoga à une posture du chien tête en bas…

Heure de gloire du yoga

L’anecdote amusante et paradoxale, c’est que le yoga n’était pas tellement « fashion » en Inde jusqu’il y a peu. Mais l’engouement immense de l’Occident pour cette philosophie, dû à la recherche effrénée de développement personnel et de sens dans un monde en perte de repères, a amené les Indiens à réévaluer leur propre patrimoine et à l’apprécier. A tel point qu’en novembre 2014, le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, a nommé un ministre du yoga ! Du yoga, mais aussi de l’ayurvéda, de l’unani, de l’homéopathie… Preuve que le yoga s’inscrit dans un ensemble de médecines et de pratiques traditionnelles, dans la quête d’un mieux-être, bien au-delà du simple étirement du mollet gauche.
Et pour couronner le tout, le 21 juin a été déclaré Journée Mondiale du Yoga, avec une première édition cette année, en 2015, qui a fait grand bruit !
Le yoga devient donc plus que jamais médiatisé, mais est-il pour autant reconnu à sa juste valeur ?

Yogablog NetS

Une histoire poétique de bols

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Je ne saurai plus vous dire où est-ce que l’on m’a raconté cette histoire, et c’est finalement ce que j’aime le plus : ne plus savoir où, qui, comment, et se dire que cette histoire a toujours été là…

Il était une fois, ou plutôt il est toujours une fois, dans les monastères tibétains, chaque moine possède traditionnellement un bol (tibétain, qu’on peut faire  « chanter », pas Nesquik). Lors du décès de l’un d’eux, le rituel consiste à retourner son bol, comme pour marquer son départ, et ainsi pouvoir se remémorer sa présence au sein de la communauté. Et puis, un jour, le rituel s’est étendu : chaque soir, en quittant le temple, tous les moines (vivants, donc) retournent leur bol. Et chaque matin, lorsqu’ils entrent à nouveau dans le temple pour le premier office, ils le mettent de nouveau dans le bon sens. Pourquoi cette chorégraphie du bol ? L’un des concepts phare du bouddhisme tibétain, c’est la notion d’impermanence. Tout ce qui est composé de deux éléments ou plus est appelé à changer, voire à mourir. On y reviendra. Du coup, retourner son bol en partant le soir comme on le fait pour les défunts, c’est accepter la possibilité de ne jamais revenir dans le temple (et si ça arrive… pas de bol !). Parce qu’on ne sait jamais en réalité, ce que l’instant suivant nous amène… « La vie ne tient qu’à un fil »… Oh, je vous vois venir ! Non non, ça n’est pas déprimant !

Parce qu’au petit matin, remettre son bol dans le bon sens, c’est remercier la vie de ne pas nous avoir quitté ! Symboliquement, c’est aussi lui permettre de « remplir » ce bol, du style « hé la vie, voilà, je suis toujours là, mon bol est vide pour le moment, on y met quoi jusqu’à ce soir ? ». C’est ouvrir grand les bras à tout ce qui se présente, parce que la vie n’est jamais que ça : une succession d’instants et d’expériences 🙂

BOL 2