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La Fête du Lotus

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Le dimanche 5 juillet dernier (2015 donc), avec quelques amies, nous sommes parties dans le Tarn (département 81, capitale Albi pour le point géo) pour un dimanche plein de nature, de fleurs, de soleil (et de chaleur !).
Objectif : la Fête du Lotus !

En route, nous nous sommes arrêtées dans deux petits villages pleins de charme (Saint Lieu les Lavaur et Saint Sulpice), où l’on respire bien mieux qu’à la ville. Le calme, les cigales qui chantent, le vent dans les feuilles… Pique-nique sur une pelouse verdoyante aux abords d’un vieux lavoir… Petite église en briques rouges déserte avec ses gargouilles… Ambiance bucolique… En gros, un décor très XIXème siècle style peinture impressionniste (référence à Manet et son Déjeuner sur l’herbe ?). Ou bien décor de l’Amour est dans le pré sur M6, selon les références de chacun.

Le point de chute de cette journée a donc été la Fête du Lotus au Jardin des Martels. Un jardin magnifique, comme on en trouve plusieurs dans notre belle contrée. Un coin de verdure, d’évasion, où l’on se sent plus à Bali que dans la campagne tarnaise. Certes, je n’ai jamais mis les pieds à Bali, mais j’ai lu et vu Mange Prie Aime et j’ai une petite idée sur la question. Comme quoi, nul besoin de débourser des sommes folles pour s’offrir un brin de dépaysement !

La Fête du Lotus est l’occasion de célébrer la floraison de cette fleur magnifique et ô combien symbolique. Petite histoire courte (bien qu’il y aurait tellement plus à dire…) : le lotus prend racine dans la vase humide d’un bassin. Il a donc des origines peu esthétiques, et pourtant, sa tige se déploie et finit par donner des feuilles impressionnantes de rondeur, sans compter la fleur magnifique qui s’y épanouit. La métaphore humaine est alors facile : malgré la « vase » dans laquelle nous sommes tous enlisés (préjugés, normes, émotions négatives etc), nous avons tous la possibilité de transcender cette boue nauséabonde en s’étirant vers le haut, pour finalement atteindre « l’éveil » dont parlent les Bouddhistes – devenir notre propre fleur de lotus. Y a clairement du boulot, mais qui ne tente rien n’a rien 😉
De par sa beauté, la fleur de lotus symbolise la fertilité, la prospérité et la longévité. Et puisque ses graines vivent très longtemps, le lotus représente l’éternité de la vie…
Bref, le quart d’heure botanico-spirituel est maintenant terminé !

Cette fête du lotus amène une célébration de l’art asiatique, et notamment japonais : cérémonie du thé, calligraphie japonaise, atelier d’origami ou d’ikébana (arrangement floral) et bien plus encore… On a goûté au thé matcha, qui a le goût d’une soupe aux épinards (pas mal du tout, si on aime les épinards of course). Petite expérience exotique du jour, à raconter aux collègues lundi !

J’aime ces journées toute simples, dépaysantes, alors que l’on est à deux pas de chez soi.

Journée nature, respiration, ouverture, découverte. Un dimanche parfait en somme !

 

Une histoire poétique de bols

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Je ne saurai plus vous dire où est-ce que l’on m’a raconté cette histoire, et c’est finalement ce que j’aime le plus : ne plus savoir où, qui, comment, et se dire que cette histoire a toujours été là…

Il était une fois, ou plutôt il est toujours une fois, dans les monastères tibétains, chaque moine possède traditionnellement un bol (tibétain, qu’on peut faire  « chanter », pas Nesquik). Lors du décès de l’un d’eux, le rituel consiste à retourner son bol, comme pour marquer son départ, et ainsi pouvoir se remémorer sa présence au sein de la communauté. Et puis, un jour, le rituel s’est étendu : chaque soir, en quittant le temple, tous les moines (vivants, donc) retournent leur bol. Et chaque matin, lorsqu’ils entrent à nouveau dans le temple pour le premier office, ils le mettent de nouveau dans le bon sens. Pourquoi cette chorégraphie du bol ? L’un des concepts phare du bouddhisme tibétain, c’est la notion d’impermanence. Tout ce qui est composé de deux éléments ou plus est appelé à changer, voire à mourir. On y reviendra. Du coup, retourner son bol en partant le soir comme on le fait pour les défunts, c’est accepter la possibilité de ne jamais revenir dans le temple (et si ça arrive… pas de bol !). Parce qu’on ne sait jamais en réalité, ce que l’instant suivant nous amène… « La vie ne tient qu’à un fil »… Oh, je vous vois venir ! Non non, ça n’est pas déprimant !

Parce qu’au petit matin, remettre son bol dans le bon sens, c’est remercier la vie de ne pas nous avoir quitté ! Symboliquement, c’est aussi lui permettre de « remplir » ce bol, du style « hé la vie, voilà, je suis toujours là, mon bol est vide pour le moment, on y met quoi jusqu’à ce soir ? ». C’est ouvrir grand les bras à tout ce qui se présente, parce que la vie n’est jamais que ça : une succession d’instants et d’expériences 🙂

BOL 2