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Comment choisir son cours de yoga ?

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La rentrée approche et peut-être as-tu envie de découvrir/approfondir la pratique du yoga. Mais comment choisir son cours, parmi une offre prolifique ?
Je te présente ici les critères que j’utilise personnellement pour choisir mon cours, lorsque je décide d’être élève pour nourrir ma pratique.
Note importante : ils ne sont pas présentés par ordre d’importance !

Le côté pratique
Alors bien sûr, il y a l’aspect pratiquo-pratique du cours : est-il à côté de chez moi/de mon lieu de travail ? Est-ce que l’horaire me convient ? Est-ce que le tarif est conforme à mes possibilités ? Bon, ça paraît évident donc on ne va pas s’appesantir là-dessus.

Le type de yoga
Cette question s’adresse surtout à deux types d’élèves : ceux qui ont des besoins spécifiques, et ceux qui ont déjà un peu pratiqué et souhaitent approfondir un style de yoga en particulier.
 – J’ai des besoins spécifiques
Du fait d’une limitation physique plus ou moins importante (maux de dos, d’épaule, maladie chronique, arthrose ou autre), les cours de yoga « traditionnels » peuvent ne pas être accessibles. Bonne nouvelle ! Il existe des cours de yoga adapté, très doux et en petits groupes, qui utilisent des accessoires pour faciliter la pratique : tapis très épais, ballons de gym, espaliers, coussins… Il existe également des cours de yoga sur chaise, accessibles à tous les âges de la vie !

J’ai envie de pratiquer un style précis
Hatha, Ashtanga, Vinyasa, Mysore style, Kundalini, Yin, Sivananda… Oui oui, il existe mille et une écoles de yoga ! Mais gardes à l’esprit que tout cela reste… du yoga : le travail postural sera peut-être un peu différent, mais la philosophie sera la même. Disons que la destination peut être atteinte en prenant plusieurs chemins 😉
À noter : pour ma part, en tant qu’enseignante, je ne suis pas fidèle à un style, étant formée à plusieurs… J’aime plutôt varier les plaisirs en fonction de l’énergie du moment, justement pour expérimenter le corps de plusieurs manières. Cette approche peut séduire un pratiquant en recherche d’éclectisme, mais peut aussi rebuter le yogi « fan » d’une école bien précise ! N’hésite pas à te renseigner auprès de l’enseignant.

Le prof
Pour moi, c’est je crois le point le plus important… Qui est l’enseignant ? Quelle est son énergie ? Comment je me sens en sa présence ? Sa voix est-elle agréable pendant la relaxation ? Que vibre-t-il/elle lorsqu’il/elle enseigne ?
Pour cela, le mieux est encore d’essayer une séance… et de se faire un avis.
Personnellement, je suis très attentive à ce qu’il « vive » le yoga, lors de la séance mais aussi en-dehors du tapis. Est-ce qu’il incarne ce qu’il enseigne ? Depuis combien de temps pratique-t-il, est-ce que le yoga fait partie intégrante de sa vie, de sa philosophie d’être ? Est-ce que cet enseignant continue de se former, de pratiquer, de participer à des stages/conférences/ateliers/cours en tant qu’élève ? Tu as le droit de poser des questions !
Et parfois, il n’est même pas utile de poser ces questions : on le sait intuitivement. Parfois même avant de l’avoir rencontré, simplement en regardant sa plaquette/son site internet/sa page Facebook !
Alors, voici ma méthode : je me renseigne sur le prof. Je regarde ses supports de communication s’il en a, je vois si sa présentation « me parle ». Si c’est le cas, j’essaie l’un de ses cours, et j’avise ensuite si je souhaite poursuivre ou non avec lui.

Le nombre d’élèves
Il y a des cours à 10, 15, 25, 60 élèves… Et c’est important de le savoir, car cela peut changer la pratique !
Pour les yogis aguerris, un grand groupe ne pose pas vraiment de souci : si tu es autonome, que tu connais ton corps et es à l’aise avec les notions d’alignements demandés dans la plupart des asanas (postures), tu n’as peut-être pas besoin de l’attention assidue de ton enseignant. L’énergie d’un groupe important peut être très belle, lorsque l’on se sent porté par toutes ces personnes autour de nous qui pratiquent à nos côtés !
En revanche, si tu débutes ou si tu souhaites avoir une attention plus rapprochée, mieux vaut privilégier un petit groupe : l’enseignant garde un œil sur tout le monde et peut aisément venir apporter quelques petites améliorations posturales.
Personnellement, j’aime quand l’enseignant appelle ses élèves par leur prénom !
Il existe également les cours particuliers : plus onéreux c’est vrai, mais cela peut être très chouette si
– ton emploi du temps ne te permet pas de participer à une séance hebdomadaire,
– tu as un besoin spécifique (limitation physique, envie de débuter en étant très encadré etc…)
– tu as envie d’approfondir un point en particulier, d’aller plus loin sur un aspect précis de ta pratique.
Ces cours sont évidemment sur mesure, avec une relation très personnelle à l’enseignant.

Voilà, j’espère que cet article pourra t’aider dans ton choix et je te souhaite une très belle pratique !

 

Les cinq principes du yoga

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On a souvent en tête que le yoga est une pratique posturale et respiratoire, ce qui est en partie vrai, mais seulement en partie ! Au-delà d’une activité physique, c’est avant tout un mode de vie, et je pourrais vous en parler des heures tant ça me passionne ! Mais pour aujourd’hui, je m’en tiendrai à vous partager les cinq principes du yoga selon le maître indien Sivananda. Revus à ma sauce, évidemment 😉

Premier principe – La relaxation correcte
Qui aurait l’idée de laisser le moteur de sa voiture tourner sans arrêt pendant des années, même lorsqu’elle est garée et ne roule pas ? Sans doute personne. À ce rythme, est-ce que la voiture ferait long feu ? Pas certain.
Pourtant, bien souvent, c’est ce genre de rythme que nous nous imposons : nos temps professionnels sont bien remplis, nos temps personnels sont surchargés d’activités diverses et variées, et même pendant nos temps de repos, la tête continue à remâcher des pensées, des projets, des soucis… Mais où est le bouton off de cette machine infernale ? Faut-il nécessairement attendre qu’un « gros truc nous tombe dessus » pour nous forcer à ralentir la cadence, à s’écouter un peu plus et à accepter de se poser ?
La relaxation peut prendre différentes formes : scan corporel, exercices respiratoires doux, visualisations, musique douce… Le but étant surtout de prendre ce temps précieux pour soi.
Les effets ? Il sont multiples, mais notons surtout l’activation du système nerveux parasympathique qui amène le ralentissement du souffle et du rythme cardiaque, la baisse du taux de cortisol dans le sang (hormone responsable du stress), une meilleure digestion etc…
La relaxation fait partie intégrante d’un cours de yoga : au début, au milieu et/ou à la fin en fonction des écoles et des enseignants, elle est essentielle pour permettre aux cellules d’assimiler tous les bienfaits de la pratique ! Un peu comme un sachet de thé qu’on laisserait infuser quelques minutes pour donner une nouvelle saveur à l’eau présente dans notre tasse…

Deuxième principe – L’activité correcte
Là-dessus, tout le monde est d’accord : notre corps est fait pour bouger, et les bienfaits d’une activité physique ne sont plus à prouver !
Le yoga précise néanmoins qu’une activité « correcte » permet de travailler toutes les parties du corps et ce de différentes manières : étirement et renforcement des muscles, des ligaments, des articulations, des organes, de la colonne vertébrale… Le tout en demeurant à l’écoute de ses sensations.
Ce travail permet de délier les tensions en profondeur, de redonner de l’énergie, de rajeunir les différents systèmes du corps.
Attention ! On a tendance à croire, photos Instagram sur une plage californienne à l’appui, que le yoga est une discipline pour les personnes souples et athlétiques, des individus capables de faire le grand écart, de mettre un pied derrière la tête ou de tenir en équilibre sur deux doigts : ça peut. Mais on peut aussi pratique en étant raide comme un bâton de marche nordique, en ayant un problème d’épaule, de hanche, un fort embonpoint, voire des difficultés à marcher… Ça sera peut-être moins spectaculaire, moins « instagrammable », mais le yoga n’est pas du cirque ! Je crois que cela fera l’objet d’un article, car la question me revient tellement souvent… « Est-ce que je peux ? » : bien sûr que oui !

Troisième principe – La respiration correcte
Pratiquer le yoga en apnée, c’est compliqué ! Comme n’importe quelle activité d’ailleurs : essayons donc d’aller faire un jogging sans respirer, nous n’irons pas bien loin et aurons une drôle de couleur !
Lorsque l’on débute le yoga, c’est surtout lors de la salutation au soleil que l’on goûte à cela : ce n’est pas le mouvement qui dirige le souffle mais l’inverse. Au départ, c’est souvent fastidieux d’enchaîner les différentes postures tout en pensant à sa respiration : petit à petit, avec la pratique, cela devient tout à fait naturel. On peut alors habiter pleinement l’instant et enchaîner les salutations au soleil sans fatigue, peut-être même jusqu’au fameux nombre 108 😉
La respiration correcte, c’est de respirer pleinement et rythmiquement. Pour cela, il est nécessaire de se familiariser avec notre souffle afin de contrôler les inspirs et les expirs. En yoga, on utilise les pranayama (exercices respiratoires) pour (ré) apprendre à respirer avec différents buts : une respiration dynamisante en début de pratique, puis apaisante avant la relaxation finale. Prana signifie énergie vitale (le qi en chinois), yama signifie contrôle. Ainsi, la respiration offrirait la possibilité de contrôler son énergie !
Il existe toute une gamme de pranayama, certains étant très puissants. Il est important d’être guidé par un enseignant au départ, surtout pour les exercices plus complexes. En attendant, se familiariser avec les respirations abdominales et thoraciques est déjà un bon début.

Quatrième principe – L’alimentation correcte
« Que ton aliment soit ton seul médicament », « la santé se trouve avant tout dans l’assiette », « ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé ». Les phrases nous invitant à veiller sur notre alimentation sont nombreuses. En yoga aussi, on part du principe que l’alimentation nous offre de l’ojas, de l’énergie, de la force, de la puissance.
Bien entendu, les recommandations sont de manger des aliments frais et de saison, jusque là rien de très nouveau au soleil.
En yoga, on parle aussi de respecter le principe d’ahimsa : la non-violence, le respect de la vie. Et cela se retrouve dans l’assiette, avec un régime végétarien mais pas forcément vegan.
La nourriture présente également, comme toutes les choses physiques en ce monde, l’une des trois qualités appelées gunas : elle peut être sattvique (équilibrée), rajasique (énergétique, excitante) ou tamasique (inerte, lourde). Par exemple, dans les textes yoguiques il est dit que le café, l’ail et les oignons sont plutôt de qualité rajasique (excitants) donc à éviter, de même que les champignons, plutôt tamasiques (inertes).
Alors bien sûr, ce ne sont que des préceptes, l’idée étant de tendre vers le sattvique, l’équilibre, mais nous ne sommes pas des ascètes et sommes libres de consommer ces nourritures en conscience de ce que cela nous apporte.
Plus on avance sur le chemin spirituel, plus les perceptions deviennent subtiles et plus on peut ressentir l’effet des aliments que l’on ingère sur notre niveau d’énergie. À vous d’en faire l’expérience 🙂

Cinquième principe – La pensée correcte
Une fois que nous sommes bien reposés, bien étirés, bien oxygénés et bien nourris, il nous reste à prendre soin de notre tête… Et c’est ce que préconise ce cinquième et dernier principe. La pensée correcte sous-tend la pratique de la pensée positive et de la méditation, pour clarifier le mental et en observer les mécanismes dans le but de mieux les transcender. S’observer pour mieux se comprendre, pour mieux s’aimer, pour se transformer en la meilleure version possible de soi-même en nous affranchissant de nos vieilles habitudes, de nos peurs, de nos conditionnements… Et devenir la personne libre que nous sommes appelés à être 🙂

 

 

Pour une grossesse naturelle & « yoguique »

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Je vis actuellement ma première grossesse et depuis le départ, les choses se sont faites de manière assez surprenantes : j’ai su que j’étais enceinte bien avant le fameux test !
Et puis, une fois la -jolie- surprise passée (ce bébé était projeté mais pas attendu là tout de suite), il est devenu évident pour moi que je souhaitais vivre cette expérience unique le plus naturellement possible, à l’écoute de mon corps.
Je vous partage ici mes expérimentations. Loin de moi l’idée de prêcher que c’est « la bonne manière de faire », c’est simplement « ma manière de faire », sans prétention. Chaque corps est différent, chaque histoire est différente, et tant mieux !
Je trouve cela grisant de se sentir aventurière sur un terrain encore inconnu – celui de la maternité – et de l’explorer de cette manière : en pleine conscience 🙂

Je n’ai pas à me plaindre : je vis jusque là une grossesse relativement sereine. J’ai bien entendu quelques petits désagréments, mais au vu de ce qu’on entend autour de soi, je m’estime vraiment chanceuse !
Voici tout de même quelques petits maux pour lesquels j’ai dû chercher des solutions.

1) Les acidités et reflux œsophagiens
dûes à l’action des hormones qui rendent toutes les parties du corps plus souples en vue de lui permettre de s’ouvrir pour faire de la place au bébé. Ce phénomène s’intensifie en fin de grossesse puisque l’utérus prend tellement de place dans l’abdomen que les organes digestifs viennent se « tasser » sous le diaphragme et contre la colonne vertébrale.
Mes astuces :
Bien entendu, mon médecin s’est empressé de me prescrire du Gaviscon, que j’ai tardé à aller chercher à la pharmacie : pour le moment, j’en ai pris une fois et j’ai trouvé ça assez dégueu.
J’ai décidé de faire sans et d’expérimenter par moi-même pour le moment. Voici ce qu’il en ressort :
– Manger une petite poignée d’amandes en fin de repas
– Ne pas s’allonger directement après manger. Et lorsque je m’allonge, je surélève ma tête avec un coussin supplémentaire.
– Boire un verre de lait végétal et/ou manger une pomme
À ce jour, ça marche pour moi !

2) Le mal de dos
C’est surtout avec mon dos que c’est compliqué, et je suis consciente que ça ne va pas aller en s’arrangeant !
Les hormones ont encore frappé, et notamment la relaxine : elles travaillent si bien sur mon bassin en vue de son ouverture que mes ligaments sont hyperlaxes et de fait, les sacro-iliaques sont fragilisés, ce qui occasionne une douleur très régulière dans mon nerf sciatique, surtout à droite (mais parfois le gauche dit coucou aussi !). Le muscle piriforme est lui aussi douloureux et contracté. En bref, dès que je me penche en avant, je reçois une décharge électrique d’ampleur variable. « Suffit de pas te pencher » me direz-vous. Sauf que je suis prof de yoga, que je passe ma vie à me pencher et à me tordre dans des directions improbables. Et puis le simple fait de me tourner dans mon lit la nuit me fait mal. Bon, voici mes astuces du moment :
– Je vois une osthéopathe de temps à autre qui me soulage temporairement, mais je n’ai pas la possibilité d’aller la voir toutes les semaines !
– On m’a prêté une petite couverture chauffante qui me sauve littéralement : dès que je m’allonge, je l’allume et la place sous mon dos/fesses pour chauffer la zone endolorie et je me lève (presque) comme neuve !
– Si je n’ai pas la possibilité de m’allonger, je m’attache une bouillotte d’eau chaude sur le dos à l’aide d’une écharpe, pour un look geisha des plus tendances (blague).
– On m’a prêté une ceinture de grossesse qui se porte sur l’os pubien et au milieu des fesses environ. Très serrée, elle permet de maintenir les os iliaques. Je la porte lorsque je dois marcher, en revanche elle est assez inconfortable en étant assise. Lors des séances de yoga, elle m’aide à tenir bon mais est parfois bien inconfortable dans certaines postures. Et lorsque je la retire, j’ai l’impression que tout mon bassin s’effondre puisqu’il n’est plus maintenu, ça fait une drôle de sensation !
– Le repos…
– Quelques postures de yoga douces pour détendre les sacro-iliaques. Celle qui me sauve en ce moment ? La version de base de kapotanasana, le pigeon !

Bon, on ajoute à cela un nez tout sec (une goutte d’huile de sésame dans les narines – recette ayurvédique- et ça repart !), des saignements de nez réguliers, une fatigue qui tombe dessus comme une massue, une tendance à être émue pour des clopinettes etc. Mais globalement, rien de bien méchant !

Deux bouquins vraiment chouettes qui me soutiennent pendant cette grossesse :

  • Yoga & Méditation pendant la grossesse, de Mell Campbell : une posture et une méditation par semaine, en lien avec l’étape de développement du bébé. Un chouette moyen d’être connectée à ce que le bébé vit !
  • Ma grossesse bio et naturelle de la conception à la naissance de Marie Touffet : soins bios contre les maux de grossesse, guide de préparation à l’accouchement, calendrier mois par mois… Une mine d’infos !

On m’en a prêté beaucoup d’autres, mais j’avoue que ce sont les deux qui m’ont le plus « parlé ».

[Le volet « Préparation à la naissance en conscience » paraîtra prochainement !]

Mon épicerie pour garder la forme
En tant que végétarienne depuis 5 ans, il est bien évident que je fais attention à mes apports en protéines et en fer. Je pensais que la grossesse allait faire chuter mes taux, mais non, tout va bien ! Comme quoi, on peut être végétarienne et enceinte et en super forme, n’en déplaisent aux sceptiques…

Pour être au top, en plus d’une alimentation équilibrée et bio labellisée « 5 fruits et légumes par jour », j’ajoute des super aliments :
– Levure de bière
– Spiruline
– Graines germées
– Graines de lin, de tournesol et de courge
– Huile d’olive, de noix et de noisette
– Algues à saupoudrer sur les plats/les salades

Je tiens à préciser que ce « régime » ne m’empêche pas d’avoir pris pas mal de kilos (je reste gourmande et enceinte hein !), mais cette alimentation me permet à 7 mois de grossesse d’être globalement en forme, d’assurer ma dizaine de cours par semaine sans (trop) de soucis ainsi que d’honorer mes engagements personnels à droite à gauche ! Et ça, c’est très précieux 🙂

À bientôt pour parler naissance en conscience !

Mais au fait, Palmo Shanti, « elle » fait quoi ?

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Si on en croit le site internet de Palmo Shanti, je ne propose que deux cours par semaine. Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé si j’intervenais ailleurs, si je faisais autre chose à côté…
J’ai décidé de répondre aux curieux 😉

Alors effectivement, les deux cours sur le site ne sont que la partie immergée de l’iceberg.
Je n’ai pas de travail complémentaire à côté : j’enseigne le yoga à temps plein !
En fonction des semaines, on peut me trouver :
– dans plusieurs entreprises
– auprès de seniors dynamiques chez une kinésithérapeute
– dans une résidence service pour personnes seniors
– dans une crèche avec des p’tits bouts
– auprès d’adolescents en difficulté
– auprès de personnes cérébro-lésées
– dans des cours particuliers
– intervenant ponctuellement pour un évènement dans une entreprise ou une institution
-…

Vous le constaterez, les profils des yogis avec lesquels je pratique sont très variés, et c’est exactement ce que je souhaitais ! Je n’ai jamais aimé la routine : chaque cours ou presque est différent, il n’y pas ou très peu de répétition au fil de la semaine. Il est évident qu’on n’enseigne pas de la même manière à un p’tit loup de 2 ans qu’à un papi de 94 😉 J’aime infiniment cette richesse !
Alors bien sûr, cela a ses petits inconvénients : cela requiert un temps de préparation assez long pour chaque séance, beaucoup de recherches et surtout une capacité d’adaptation de folie… Il m’arrive fréquemment d’avoir préparé une séance qui ne « colle » pas aux possibilités des élèves dans le moment présent. Il faut alors trouver des propositions nouvelles, des adaptations inattendues et tirées du chapeau : oh oui, c’est une vraie gymnastique pour mon cerveau aussi 😉
Au bout du compte, j’ai l’impression de m’enrichir à chaque cours, de développer une grande créativité, et j’apprends tellement au contact de toutes ces personnes !
Voilà, maintenant vous savez 🙂

La posture de l’arbre, pour s’ancrer

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En ce moment, du fait de cette sombre actualité qui tourne en boucle, notre tête a tendance à partir un peu dans tous les sens. Peur, colère, déni, morosité… On ressasse les images, les témoignages, les faits. On analyse, on dissèque, on commente, on compare, on extrapole, on prévoit.
Et le corps dans tout ça ?

La posture de l’Arbre (Vrikshâsana pour les intimes) sert justement à s’ancrer, à revenir à la terre. Déjà parce qu’on « fait » comme l’arbre, qui peut plier mais ne rompt pas (Fluctuat nec Mergitur en quelque sorte… Comme la devise de la ville de Paris). Mais aussi parce que c’est une posture d’équilibre (simple), et qu’elle engage tous les muscles en plus de l’attention : impossible de (trop) réfléchir lorsqu’on pratique l’arbre, sous peine de se vautrer !
Alors pour faire travailler le corps tout en reposant la roue de hamster qui nous sert de cerveau, l’arbre est un allié parfait, même si nous sommes de grands débutants !

Les étapes de la posture

1 / On se place debout, les pieds joints.
2/ On lève le pied droit, qui vient se poser contre la cheville gauche, le mollet gauche ou contre l’aine gauche, en fonction de la souplesse et du niveau de difficulté souhaité.
3 / On place les mains jointes devant le cœur, comme pour dire Namasté.  arbre3

 Comme ça mais avec les yeux ouverts pour éviter de choir

4 / Lorsque l’on se sent stable dans cette position, on peut lever les mains vers le haut, toujours jointes, comme un arbre ferait pousser ses branches vers le ciel.
5 / On maintient la position aussi longtemps qu’on veut (et peut !).
6 / Pour redescendre, on abaisse les mains au niveau du cœur, puis on fait redescendre doucement le pied droit vers le sol, avec contrôle, grâce et style (pas toujours super évident).
Note : avant d’entamer la posture avec le pied gauche, on peut secouer légèrement les jambes pour éviter les fourmillements.
7 / On répète l’exercice avec le pied gauche.

L’astuce pour ne pas tomber : fixer un point au loin, se concentrer. Les pensées s’arrêtent, le temps est suspendu : bé-a-ti-tu-de messieurs dames !

arbre4 Regardez comme cette petite dame est contente ! 😉

Pendant la posture, on se concentre sur la respiration calme et on cherche à ressentir le poids du corps dans le pied qui est resté au sol.
On peut aussi imaginer que de longues racines partent de dessous le pied qui se trouve au sol et rejoignent le centre de la terre… Visualiser un arbre, serein et stable, rassurant… Tout cela amène une sensation d’ancrage et de paix !

Les bienfaits de l’arbre ?

  • La posture augmente le pouvoir de concentration
  • Cette concentration vient nettoyer l’esprit de toutes les pensées, et amène une sensation d’apaisement
  • On travaille l’équilibre
  • On fortifie la musculature des pieds, qui se retrouvent seuls à porter tout le poids du corps
  • La posture est excellente pour stimuler les organes digestifs (une astuce post-réveillon ?)

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Mantra : un truc de hippie ?

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Répètes-toi ces mots comme un mantra”. Mantra = phrase sympathique à se répéter pour amener la pensée positive, la « zen attitude », se sortir d’un mauvais pas, stopper les angoisses ? Comme un genre de méthode Coué ? Un truc de hippie qu’on fume avec un joint aux herbes de Provence ? Retour sur un terme fourre-tout !

« Mantra« , c’est un mot composé de deux syllabes : « man », ou la racine du mot « esprit » en sanskrit et « tra », racine du mot « instrument ». Un instrument de l’esprit, qui crée un son dont la vibration nous permet d’entrer en nous-même… et d’explorer ce territoire finalement bien mal connu. C’est un outil du Yoga, qui cherche l’union entre soi et l’Univers ! (lire Yoga : Mot compte triple).

cropped-cropped-vibration-imageUne vibration !

Rendez-vous en terre (très) inconnue : Nous-Même-Land !

Le mantra, c’est avant tout un son, une vibration. La bouche se forme, les cordes vocales se tendent, les poumons se remplissent et… le son s’élève (toutes les explications hautement scientifiques de ce phénomène dans l’article La magie de la musique). Il agit donc sur le corps physique, en détendant le diaphragme, les épaules, le visage, le ventre…
La vibration vient aussi détendre le mental, qui s’arrête de tourner dans sa roue de hamster pendant quelques instants (enfin !) pour se concentrer sur ce son qui monte des profondeurs du corps. Et le côté répétitif de la récitation en boucle du mantra vient « rassurer » : dans une situation stressante, le réciter mentalement ou à voix basse permet de revenir en soi. Comme une berceuse. D’un coup, c’est comme si on avait mis une cape d’invisibilité ! Les circonstances dérangeantes alentour nous paraissent moins menaçantes, moins difficiles à gérer.
Au-delà de la gestion des émotions, le mantra peut venir soutenir la méditation, et ça, y en a franchement besoin (voire l’article La méditation, ce truc horrible…). Il vient donner un support à l’attention et permet de se recentrer dès que l’esprit part à vau-l’eau en vadrouille.

Le mantra est aussi pratiqué dans le but d’élever l’âme, comme la récitation d’un Ave Maria, d’un Notre Père. Sauf que le mantra est souvent plus court : il s’agit d’une phrase ou deux, répétées en boucle.
L’âme s’élève grâce à la vibration, mais également grâce aux paroles du mantra, qui ont une signification profonde et positive, pour ne pas dire divine.  Les mantras sont donc des « chansons à texte » inspirantes ! Ah oui, par contre, petit détail : les mantras venus d’Orient sont en sanskrit ou en tibétain ! Dans les deux cas, il faut bien avouer que le fait de se concentrer sur la prononciation de ces vocables exotiques sollicite légèrement la concentration, qui donc ne peut point partir divaguer du côté de la sempiternelle question : « qu’est-ce qu’on mange ce soiiiiir ? ». Lire La méditation, ce truc horrible…).

arielleArielle Dombasle, dans le film Un indien dans la ville

Tina Turner… Yeah !

Le mantra, c’est vrai que ça fait un peu hippie dans l’inconscient collectif. On revoit tous Arielle Dombasle en mode nunuche dans le film « Un indien dans la ville », qui récite son mantra profond « un cercle est un carré, un carré est un cercle » de manière si inspirée pour faire face aux petits (gros ?) tracas causés par Mimisiku.
Brisons ce stéréotype en découvrant un mantra sanskrit bien connu, Sarvesham, repris par Tina Turner (si si !) !

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Voici les paroles originales…

Om Om Om,

Sarvesham Svastir Bhavatu,

Sarvesham Shantir Bhavatu,

Sarvesham Poornam Bhavatu,

Sarvesham Mangalam Bhavatu,

Om, Shanti, Shanti, Shanti.

… et la traduction !

« Om. Puisse le bien-être, la complétude et la tranquillité, le bonheur et la prospérité être réalisés par tous. Paix, paix, paix »
C’est beau non ?

Yoga : mot compte triple

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Le yoga, c’est le nouveau truc à la mode. Discipline branchouille, fitness en legging moulant et brassière fluo, zen attitude même dans les bouchons sur le périphérique… Tout ça, c’est déjà bien, et c’est la version occidentalisée à outrance. A la base, le yoga est assez vieux : ses origines remonteraient au VIIème siècle avant Jésus Christ ! Et à l’époque, les salles de sport et les régimes hypo-caloriques n’étaient pas vraiment la priorité.

Retour sur un phénomène intemporel !

Petite définition

Le mot « Yoga » vient du sanskrit et signifie unir, relier. L’idée, c’est d’aligner le corps, le cœur et l’esprit. Puis de s’aligner soi-même avec l’univers, tout en alignant le corps lorsqu’on effectue une posture. Bref, une histoire de lignes… Tout le travail tend à unifier l’être humain en le mettant en relation avec son intériorité. Et c’est à l’intérieur qu’on trouve l’absolu (gros concept !).

Ca sert à quoi en fait ?

L’Inde est la terre d’origine du yoga. Du coup, sa philosophie et ses représentations sont inspirées de cette civilisation, d’où le lien avec l’hindouisme. Mais nul besoin de prier Krishna pour pratiquer ! C’est une discipline laïque, élaborée depuis la plus lointaine antiquité pour aider les êtres humains à traverser la souffrance, et trouver l’unité et la joie dans leur corps et leur âme. Ensuite, une fois connecté à soi, on est libre de se connecter à l’univers entier : le but ultime d’une vie (le fameux « éveil » dont les Bouddhistes parlent).
Comment arrive-t-on à cela ? Via les postures bien sûr, dont l’objectif est surtout de préparer le corps pour la suite, mais aussi via des exercices de respiration, la méditation et la pensée positive, une alimentation saine et végétarienne, la relaxation… (on en reparlera).
Voilà, c’est ça, la recette du yoga : transformer en profondeur sa manière de vivre, de voir les choses, de bouger son corps, de se nourrir, de se reposer, de penser, d’aimer… Pour se rapprocher de son véritable soi. Exigeant, certes, mais quoi de plus essentiel que d’être vraiment soi ? Tout le reste, la carrière, la famille, les amis, la retraite et les vacances, tout cela ne vaut pas grand-chose si on joue un rôle, si l’on vit loin de son cœur.

Toute cette philosophie de vie est issue d’une tradition orale où l’enseignement était transmis directement du professeur à l’élève, pendant le gurukula (période durant laquelle l’élève vivait au quotidien aux côtés de son maître spirituel). Patanjali, le célèbre sage indien, a rassemblé cette tradition orale il y a 2000 ans dans ses Yoga sūtra, un traité sur la philosophie du yoga. Cet ouvrage composé de 195 sūtra constitue une sorte de guide philosophique. Comme quoi, on se méprend vraiment lorsque l’on réduit le yoga à une posture du chien tête en bas…

Heure de gloire du yoga

L’anecdote amusante et paradoxale, c’est que le yoga n’était pas tellement « fashion » en Inde jusqu’il y a peu. Mais l’engouement immense de l’Occident pour cette philosophie, dû à la recherche effrénée de développement personnel et de sens dans un monde en perte de repères, a amené les Indiens à réévaluer leur propre patrimoine et à l’apprécier. A tel point qu’en novembre 2014, le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, a nommé un ministre du yoga ! Du yoga, mais aussi de l’ayurvéda, de l’unani, de l’homéopathie… Preuve que le yoga s’inscrit dans un ensemble de médecines et de pratiques traditionnelles, dans la quête d’un mieux-être, bien au-delà du simple étirement du mollet gauche.
Et pour couronner le tout, le 21 juin a été déclaré Journée Mondiale du Yoga, avec une première édition cette année, en 2015, qui a fait grand bruit !
Le yoga devient donc plus que jamais médiatisé, mais est-il pour autant reconnu à sa juste valeur ?

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