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Métier de prof de yoga : retour d’expérience

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Ces derniers temps, j’ai rencontré ou été contactée par plusieurs personnes désireuses de se former au métier de prof de yoga et d’autres en phase de lancement de leur activité. Ça m’a un peu surprise je l’avoue, car si ces dernières années plusieurs collègues se sont lancé.e.s, leur nombre a considérablement augmenté récemment : peut-être que les confinements ont amené des prises de conscience, des envies de renouveau, de donner plus de sens à ce qu’on fait ? En tout cas, le fait est là : le yoga a de beaux jours devant lui, avec de multiples profs motivés à partager son chemin ! j’ai reçu de nombreuses questions, toutes sensiblement similaires. Alors je me suis dit, autant apporter une réponse collective ! Bien sûr, mes réponses n’engagent que moi puisqu’elles sont le fruit de mon vécu, de mon expérience personnelle. N’hésite pas à questionner d’autres profs pour te faire un avis global 🙂

Depuis combien de temps fais-tu ce travail ?
J’ai commencé à donner quelques cours en 2014, juste comme ça. Mon but n’était pas à l’époque de devenir enseignante, je me suis formée pour approfondir ma propre pratique. J’ai postulé pour un job, et sur mon CV, j’ai indiqué que j’étais formée au yoga. Ça a plu aux recruteurs, qui m’ont demandé de proposer un cours entre midi et deux pour mes collègues : je me suis prise au jeu, c’est de là que tout a commencé 😉
Puis, deux ans plus tard, j’ai eu envie de tenter ma chance à temps plein. Je n’avais pas d’enfant, pas d’emprunt, pas d’attache, je me suis dit « c’est le moment ou jamais, je me donne trois ans et ensuite on avisera ». Je me suis lancée en 2016, et je suis toujours là aujourd’hui !

Quelle est ton parcours/ ta formation pour arriver à ce métier ?
Enseigner le yoga est une formation continue. Je suis à la fois élève et enseignante, depuis toujours et pour toujours !
J’ai démarré avec un 200h, puis ai poursuivi avec un 300h, des formations complémentaires (personnes à mobilité réduite, pré et postnatal, enfants, yoga du son, yin yoga) à raison d’une formation par an environ (hors Covid), pour nourrir ma pratique et ajouter quelques cordes à mon arc. Ça c’est pour la partie yoga « pur ». Au départ, c’est clair, on est surtout prof d’asanas, car les formations c’est bien, mais il y a surtout l’expérience personnelle qui découle de la pratique.
Je suis aussi très régulièrement des cursus en ligne, par exemple des approfondissements en ayurveda, en anatomie, en cycles féminins, en accompagnement périnatal holistique… En présentiel, j’aime participer à des stages auprès de collègues yogis expérimentés. Je prends des cours de chant et de musique aussi, pour apprendre à poser, à travailler ma voix et en faire un véritable outil vibratoire. Enfin, le centre spirituel que j’ai l’habitude de fréquenter ayant (enfin!) ré-ouvert ses portes, je vais pouvoir reprendre mes séjours de pratique en immersion pendant les vacances scolaires.

Quelle formation me conseillerais-tu pour faire ce métier?
Il y en a énormément, à toi de voir laquelle fait vibrer votre cœur 🙂 J’ai par exemple assisté à un week-end découverte d’une formation, pour voir si cela me correspondait : au final, le directeur de formation m’a tenu un speech genre « on est la meilleure formation qui soit, toutes les autres sont nulles ». Ça a été rédhibitoire pour moi : à partir du moment où on a besoin d’écraser les autres pour exister, c’est qu’il y a un problème de fond. Alors ne pas hésiter à tester, à rencontrer les formateurs, à les questionner sur leur parcours, et voir si ça résonne pour toi ! Le yoga n’est pas toujours un monde de Bisounours, surtout avec l’engouement qu’il connaît. Il crée de grosses opportunités de profits pour certains, et j’ai rencontré plusieurs enseignants qui ont déploré cet aspect mercantile dans nombre de formations proposées sur le marché. Vas-y donc avec prudence et fais confiance en ton instinct !

Selon toi, quelles qualités sont nécessaires pour exercer ce métier ?
Être (très) disponible, à l’écoute. Le prof de yoga devient parfois le confident, celui qui renvoie vers d’autres professionnels lorsque c’est nécessaire, ou simplement celui qui reçoit la parole, sans jugement. Avoir un bon réseau est important, justement pour pouvoir aiguiller les yogis dans le besoin et aussi parce que nous sommes nombreux à proposer des cours : les premiers élèves sont souvent des amis, des proches, des collègues de bureau…
Ah, et un autre aspect important qu’on a tendance à oublier : le prof de yoga est le plus souvent à son compte ! Ça veut dire qu’il faut avoir/développer des qualités de gestion d’entreprise, même s’il n’y a que nous dedans. Démarcher des structures, gérer les contrats, les factures, la compta… On en reparle juste après 😉

Peux-tu décrire l’ensemble des tâches/des missions ? Organisation de ta semaine professionnelle ?
J’ai pas mal tâtonné pour trouver mon rythme de croisière, mais globalement depuis que je suis maman je donne 8 à 12 cours par semaine. Certaines semaines « seulement 8 », donc plus légères, d’autres plus chargées. Cette alternance me convient. Attention : dire « je donne 8 cours par semaine » ne signifie pas travailler 8 heures seulement ! D’une part car les cours peuvent durer 1h15 ou 2h, mais aussi parce qu’à cela s’ajoutent la préparation des cours, les déplacements, l’accueil des élèves, parfois le rangement/nettoyage des salles en fonction des lieux… Et puis il faut aussi compter une dizaine d’heures de travail administratif : répondre à des mails, à des appels téléphoniques, établir des contrats avec les structures (entreprises, institutions etc), générer des factures, suivre des paiements, paperasses Urssaf impôts et compagnie, créer des contenus pour le site ou les réseaux sociaux si on choisit d’avoir une présence sur internet, planifier les prochains rendez-vous… Rien d’insurmontable, mais mis bout à bout, ça occupe pas mal !
Je travaille 3 à 4 soirs par semaine maximum en fonction des semaines, et un à 2 week-ends par mois maxi.
Le soir où je rentre le plus tard, il est 21h45.

Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ? Quels sont les aspects positifs ?
Le fait d’être à mon compte, donc libre de ce que je fais ou ne fais pas. Libre de dire oui ou non à une proposition, de m’associer à X plutôt qu’à Y, libre de choisir. Enfin, pour être tout à fait honnête, au début on a pas toujours le choix, on dit oui à tout car on a besoin de mettre du beurre dans les épinards. Le luxe du choix vient avec le temps, lorsque notre place est faite.
J’adore transmettre ma passion, mon mode de vie. Je vis yoga, je respire yoga, du moins j’essaie. J’aime avoir l’impression que ce que je fais a du sens, que tout ce que je vis, lis, écoute, expérimente dans ma vie personnelle peut être réinjecté directement dans mes cours. J’aime me sentir utile… Donc mes loisirs, vacances, expériences diverses sont toutes tournées vers le yoga au sens large : je ne déconnecte jamais vraiment, ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient ! Je constate que je me fais du bien à moi aussi tout en travaillant, la plupart du temps. Enfin, il m’est précieux de sentir que j’apporte ma petite et humble pierre au monde.

Quelles sont les contraintes, les aspects plus difficiles ?
Tout ce qu’on ne voit pas lors d’un cours : la fatigue physique, l’immense disponibilité psychique et énergétique que ça demande de transmettre. Devoir faire du yoga pour « gagner sa vie » et perdre parfois de vue la notion de plaisir. L’image que les gens ont de moi : elle est prof de yoga donc doit être comme ceci ou comme cela… Les attentes des gens sont parfois énormes. Il y a beaucoup de fantasmes !
Il y a aussi le côté insécurité de cet emploi. Une entreprise ou une institution qui ne renouvelle pas son contrat, le propriétaire d’une salle qui t’annonce qu’il ne la louera plus, le Covid… On ne sait jamais de quoi demain sera fait. En gros, je suis engagée pour 10 mois auprès des partenaires, mais à chaque rentrée tout est remis à plat. Un exemple d’insécurité de ces dernières semaines : je suis enceinte et j’ai dû trouver des remplaçants pour assurer la continuité de mes cours. Il y a toujours l’incertitude de retrouver mes cours après, car mon remplaçant temporaire peut devenir un remplaçant permanent… Les élèves peuvent ne plus être au rendez-vous, surtout avec le nombre d’enseignants qui ne cesse de s’étoffer. Il faut alors avoir confiance en ce que l’on offre, en notre valeur, et ça n’est pas toujours évident. Je me dis régulièrement que si demain ça ne « marche » plus, je trouverai autre chose. Je crois en la Vie 🙂

Et puis être à son compte, c’est aussi devoir honorer ses engagements même en étant pas en forme. Je ne parle pas du Covid ou d’un truc qui te cloue au lit et ne te laisse aucun choix, mais il y a bien des fois où je serais bien restée au chaud chez moi car crevée ou avec la tête/le nez/le ventre en vrac par exemple, mais où il faut y aller quand même ! Depuis 2016, je ne me suis arrêtée que deux jours : une fois car j’ai été hospitalisée pour urticaire géant et début d’œdème de Quincke, et la seconde à cause d’une gastro. Sinon, j’ai enseigné un très grand nombre de fois accrochée à ma boîte de mouchoirs, les yeux brillants, à bonne distance de tout le monde. Parce que ne pas travailler signifie ne pas gagner d’argent, et dans certains cas c’est délicat… Pareil pour mon congé maternité : j’ai fait le choix d’être raisonnable sur la durée de mon arrêt, mais je sais pertinemment que je ne serai jamais totalement en mode « off », ou du moins pas bien longtemps. Il y aura toujours des mails, des appels, des choses à faire pour faire vivre mon activité même pendant mon absence !

Enfin, un dernier aspect pas facile à gérer est que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir enseigner. Cela réduit parfois nos marges de manœuvre, et nous fait bien travailler sur notre confiance en nous, en tout cas pour moi ! Je peux donner l’exemple de mon secteur : j’exerce à Niort, un ville moyenne de 60 000 habitants environ, dans un département plutôt rural. Nous sommes entre 35 et 40 profs à y enseigner dans un périmètre de 20 kms disons, et une dizaine sont en cours de formation. Bien sûr, ça n’est pas un décompte exhaustif, juste qu’un jour on s’est amusés avec un collègue à faire une liste pour voir ! Il y a dans le lot des personnes à la retraite, d’autres ayant une activité à côté… De tous les profils.

Travailles-tu avec d’autres professionnels ? Avec des structures extérieures à l’entreprise ?
Oui, pleins ! Entreprises, institutions, associations, prof de chant, musicien… Et je les choisis avec soin et bonheur 🙂

Peux-tu me parler des conditions de travail liées à ce métier (horaires, déplacements, travail en extérieur, le week-end,…) ?
Puisque le yoga est un loisir, les cours ont surtout lieu en soirée et week-ends. Quelques cours en journée lorsque le public est différent : seniors, scolaires…
J’ai fait le choix de ne pas avoir de salle à moi (ça implique beaucoup de charges) mais du coup je passe du temps en déplacement entre les différents lieux de pratiques et je jongle avec des trousseaux de clés !
J’ai aussi fait le choix d’avoir un emploi du temps fixe, mais avec des variations : parfois des semaines légères, avec seulement 8 cours, parfois des semaines plus chargées où je travaille 6 jours d’affilée. J’essaie de garder mon dimanche, à part un ou 2 par an pour organiser des week-ends de yoga.

Quels sont les salaires proposés ? Au commencement, progression, en fin de carrière ?
Ça dépend beaucoup du nombre de cours que l’on donne et de la négociation qui est faite avec le partenaire (entreprise ou institution) ou des prix que l’on fixe.
Un truc hyper important à savoir en démarrant : il faut lisser les entrées d’argent sur l’année ! Beaucoup d’argent arrive en septembre (abonnements annuels notamment), nettement moins en décembre par exemple (demi-mois), quasi rien en août sauf si tu trouves des contrats saisonniers… Il faut donc jouer avec Excel pour savoir combien tu peux te verser chaque mois et ne pas te retrouver dans le rouge. Il y a clairement des mois creux, et d’autres très généreux. Pour ma part, j’ai fait mes calculs pour me verser le même salaire quel que soit le mois. Ça me donne une stabilité.
Il n’y a pas à proprement parler d’évolution de carrière, enfin il ne me semble pas. Bien sûr, on peut proposer d’augmenter un peu le prix de nos prestations, pour suivre l’inflation. Ou on peut revaloriser un contrat avec un partenaire au nom de l’ancienneté, s’il est partant. Ça se tente ! Attention tout de même : l’ambiance hyper concurrentielle rend parfois les choses délicates. Je pense que si on souhaite gagner plus il est nécessaire de… mieux négocier ses contrats, ouvrir à plus d’élèves, ou donner plus de cours.
Attention tout de même dans la course aux cours à bien gérer son énergie, car un prof de yoga qui court partout ou fait un burn out, c’est quand même dommage 😉
Peut-être est-ce là l’occasion de se questionner sur nos besoins réels ?

Quel est le statut de ton entreprise ? Quel est le meilleur statut selon toi pour démarrer ?
Je suis micro-entrepreneure. J’ai démarré comme entrepreneure-salariée au sein d’une scop, une coopérative d’activités et d’emploi : ça m’a énormément soutenue dans les premiers mois, pour me mettre sur les rails de la création et de la gestion d’entreprise. C’est génial d’être à la fois sa propre patronne et salariée de sa propre activité. Le seul hic, c’est que ce statut coûte très cher : je me revois encore me pointer un jour dans les bureaux de la scop, hyper fière alors que je venais de faire un super mois de septembre avec une jolie liasse de chèques, et prendre une douche froide… Une fois les charges payées, il ne me restait plus grand-chose. Alors je suis devenue micro-entrepreneure, j’étais prête car désormais je savais ce qui était attendu en termes de gestion d’entreprise (et j’ai fait des études dans ce sens, ça aide on va pas se mentir!).
Je sais que de nombreux profs de yoga pensent au statut associatif. Attention : si tu souhaites être rémunéré.e tu ne peux pas faire partie du bureau, et donc l’asso ne t’appartient pas vraiment. Pour ma part je souhaite vraiment être libre de mener ma barque comme je l’entends.

Quels conseils me donnerais-tu pour démarrer une activité de professeur de yoga?
Comme mentionné en introduction, nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter enseigner le yoga. Pour faire son trou, il est donc nécessaire d’être vraiment « bon » : une bonne énergie, des cours passionnants et riches, un cœur généreux, une belle adaptabilité, un alignement intérieur fort, de l’amour en barre ! Et en parallèle, une bonne communication, un bon réseau, un bon bouche-à-oreille (ça marche beaucoup comme ça aussi)… Et puis il y a la « grâce » comme le dit Amma, une forme de destin : certains auront beau tout faire bien comme il faut, leur chemin n’est pas là et ça ne fonctionnera pas. Pour d’autres au contraire, les portes s’ouvriront comme par magie, parce qu’ils étaient « attendus ».
Enfin, ne perds pas de vue ta propre pratique… Lorsque l’on donne un cours, on est là pour les autres, pas pour soi. Le regard, l’énergie se portent vers le groupe. Or, tu le sais si tu en es là, le yoga c’est avant tout une aventure intérieure… Alors bonne route à toi !

Le yoga & la méditation vus côté science et santé

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Le yoga signifie « union » : à ce titre, c’est avant tout une discipline à visée spirituelle, qui met en avant la circulation du prana (énergie vitale) à travers nos différents corps dans le but de nous reconnecter à plus grand que soi… ce qui a de quoi faire frémir nos esprits cartésiens adeptes du « je ne vois que ce que je crois » !
Ça tombe bien : le yoga est un système qui s’appuie sur l’Ayurvéda (ayur = vie, veda = science), une médecine préventive traditionnelle indienne datant du second millénaire avant Jésus Christ. Autant dire qu’il a eu le temps d’être éprouvé, testé, approuvé !
Des médecins, des scientifiques, des pratiquants et des curieux de tous bords sont venus interrogés ces préceptes pour en vérifier l’efficacité. Que ce soit des vertus purement thérapeutiques des postures (asanas) (travail sur les muscles, les articulations, les tissus conjonctifs…), des bénéfices d’une pratique assidue des exercices de respiration (pranayama) notamment sur le bon équilibre du système nerveux, des bienfaits d’une méditation (dharana, dhyana) quotidienne : les exemples ne manquent pas pour illustrer à quel point la pratique du yoga au sens large permet de maintenir ou de retrouver un état de santé physique, mental et émotionnel optimal.

Ça me semble essentiel que science et sacré œuvrent ensemble dans la même direction. D’une part car je crois que c’est là que ce trouve le chemin du véritable progrès, mais aussi parce que la dimension sacrée nous préserve d’une science sans conscience… Alors voici de quoi alimenter cette belle collaboration : la liste est loin d’être exhaustive et peut être enrichie à volonté !


Lionel Coudron, médecin et professeur de yoga français
Livre : Mieux vivre par le yoga
Livre : Yoga, postures et souffle
Vidéo : Yogathérapie, les effets bénéfiques du yoga sur la santé

Bernadette de Gasquet, médecin et professeure de yoga française
Livre : Périnée, arrêtez le massacre
Livre : Pour en finir avec le mal de dos
Livre : Le yoga à tout âge

BKS Iyengar, maître de pratique du yoga indien

Livre : Bible du yoga
Livre : Sagesse et pratique du yoga
Livre : Yoga, the path to holistic health (en anglais)
Vidéo : Yoga Iyengar – médecine traditionnelle de l’Inde – Arte Geo 360 – 21/11/2015

Sivandanda, médecin indien et maître spirituel
Livre : Le Yoga du corps et de l’esprit

Deepak Chopra, médecin indo-américain, spécialisé sur les thèmes de la spiritualité et de la médecine alternative
Livre : Santé parfaite
Livre : Le fabuleux pouvoir de vos gènes : Comment influer positivement sur votre ADN pour une meilleure santé physique et psychique

Matthieu Ricard, docteur en génétique français, moine bouddhiste et traducteur du Dalaï Lama
Vidéo : Exploration de la méditation : Matthieu Ricard au Coma Science Group
Vidéo : Méditation, la grande énigme du cerveau

Christophe André, psychiatre et psychothérapeute français
Vidéo : Les pouvoirs insoupçonnés de la méditation – Allo Docteurs
Vidéo : Christophe André: « comment la méditation a changé ma vie »
Livre : Méditer, jour après jour
Livre : Imparfaits, libres et heureux: Pratiques de l’estime de soi
Livre : À nous la liberté: Comment se libérer de nos peurs, de nos préjugés, de nos dépendances
Et bien d’autres ouvrages…

Sur l’Ayurveda
Vidéo : Documentaire France O sur les cures ayurvédiques (2019)
Vidéo : L’ Ayurvéda, médecine de demain et les bases scientifiques du Yoga avec Kiran Vyas
Vidéo : Ayurveda, aux origines du bien être, l’Inde ancienne

Autres
Vidéo : Le Yoga comme cure de désintoxication, le parcours de Stéphane Haskell – Mille et une vies
Vidéo : Carnets d’Inde – Le Yoga
Livre : Yoga, anatomie et mouvements de Amy Matthews et Leslie Kaminoff
Livre : La science du yoga d’Ann Swanson

Le yoga et le rapport au corps

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Ceci est un article un peu personnel, pas facile à écrire et encore moins à publier : peut-être fera-t-il écho à certains d’entre vous.

Les Anglosaxons ont cette formule magnifique : « Yoga is for everybody and for every body ». La traduction française ne peut pas reproduire le jeu de mots et c’est bien dommage : « le yoga est pour tout le monde et pour chaque corps ». Sauf que lorsque l’on débute la pratique, on ne le sait souvent pas encore…

J’ai découvert le yoga dans une salle de sport norvégienne, avec une approche très fitness, brassière moulante et legging ajusté. Je me mettais systématiquement au fond de la salle, moi, mon jogging XXL et ma souplesse de barre de métro, les yeux écarquillés face à ces pratiquants flexibles, musclés et gracieux. Ces séances faisaient du bien à mon corps, mais côté estime de soi, on repassera. Aujourd’hui, je retrouve ce regard mêlé d’admiration et d’auto-jugement dans beaucoup de personnes qui débutent le yoga : je vous vois, même si vous êtes tout au fond 😉

C’est lorsque j’ai habité au Népal que j’ai découvert l’aspect spirituel du yoga. Au-delà des postures esthétiques et détox, il y avait donc aussi – et surtout – une invitation à explorer son intériorité pour ensuite mieux rayonner dans le monde ! Voilà qui prenait tout son sens, pour moi qui pratiquais la méditation depuis plusieurs années déjà, sans jamais avoir perçu que ma gymnastique de salle de sport sur fond musical permettait en fait d’ouvrir les portes à ces explorations intérieures.

Quelques temps plus tard, j’ai débuté ma toute première formation de professeure de yoga la peur au ventre : puisque mon but n’était pas d’enseigner mais d’approfondir mes connaissances, je craignais de me retrouver dans un groupe de gymnastes, moi qui étais – encore et toujours – d’une souplesse disons… perfectible. Au final, j’ai rapidement constaté que nous étions plusieurs à ne pas être des contorsionnistes. Mieux : j’ai découvert qu’on s’en fichait pas mal au final, et que ça pouvait même être un atout.
L’une des participantes à cette formation était danseuse professionnelle. Traduire : pliable à volonté depuis le berceau. Et bien certaines postures lui posaient problème, notamment celle du scorpion (vrischikasana) car sa colonne vertébrale, très flexible, ne « tenait » pas ! Plus tard, alors qu’elle commençait à donner quelques cours, elle m’a indiqué avoir des difficultés à se mettre à la hauteur des débutants : « ils me disent que ça tirent dans les jambes, ils ne touchent pas leurs pieds, comment ça se fait ? Comment les guider, les accompagner dans des sensations que je ne connais pas du tout ? ».
Pour une fois, je me suis sentie experte sur un sujet 😉
Au cours d’une autre formation, en Inde cette fois-ci, nous avions un premier cours à 5h30 le matin. Le matin, je fais partie de ces gens qui se lèvent avec le dos raide et douloureux. Alors autant vous dire que ce cours-là… C’était pas franchement mon favori. Mon corps souffrait avant de finalement dénier s’ouvrir un peu, éventuellement à la fin des 1h30 de pratique. Certains de mes camarades de formation, eux, étaient capables de faire une sublime chandelle et charrue dès les cinq premières minutes de cours. Je ne vous cache pas que ça m’a fait travailler sur ma petite voix intérieure qui a tendance à juger sans vergogne : « pourquoi toi, ça marche pas comme les autres ? ».
D’ailleurs, cette même petite voix s’invite parfois lorsque je dois me présenter comme étant professeure de yoga face à une assemblée constituée de corps minces et élancés, aux muscles saillants. Comme si je n’étais pas légitime, que je ne le vivais pas vraiment. « Hum, pas très ascétique, la fille » : voilà ce qu’on me souffle dans l’oreillette.

Et pourtant…
Pourtant, la pratique assidue du yoga m’a permis de voir mes progrès en souplesse, millimètre par millimètre. Sans jamais forcer, avec une infinie patience, j’ai fini par toucher mes pieds. Si je vous raconte tout ça, c’est pour vous dire que tout est possible ! L’adage « le but du yoga ne réside pas dans le fait de toucher ses pieds, mais dans le chemin pour y parvenir » a pour moi une grande résonance. J’ai découvert que la souplesse physique va souvent de paire avec la souplesse mentale : accepter ce qui est est une clé pour ouvrir le corps. L’étape suivante consiste à accepter ce corps qui s’ouvre pour faire tomber des morceaux de carapace, pour démanteler les couches de l’oignon.
Parce que oui, breaking news, le yoga n’est pas juste une pratique physique, un cours de fitness pour faire le grand écart, galber les fesses et retendre la peau du ventre : ça peut marcher, mais ça n’est pas le but premier. Ça va tellement plus loin !
Chaque être qui vient au yoga trouve un challenge. Pour moi, vous l’aurez compris, il a beaucoup été d’ordre physique, dans un premier temps tout du moins. Accepter mon corps. Apprendre à le connaître, à le ressentir. Apprendre, surtout, à l’aimer comme il est. Pour d’autres, le yoga est allé chercher très loin dans leurs rigidités de penser, dans leurs habitudes de vie néfastes pour eux-mêmes, dans le fait d’oser aller voir en soi en profondeur et d’y voir ce qu’il s’y passe. Quand on démarre le yoga, en plus de constater que le corps fait mal partout, on s’aperçoit du tumulte de notre mental en sur-régime. Deux constats parfois douloureux, comme un miroir qu’on nous tend : « hey mec, ya du boulot ! », ou comme une loupe grossissant nos petits travers dont on ne se préoccupait pas vraiment auparavant.
Et puis on entre en soi petit à petit, comme dans un vieux manoir qui viendrait doucement révéler ses pièces et ses trésors cachés. En chemin, il y a beaucoup de poussière à enlever, pas mal de désencombrement à faire et de fenêtres à ouvrir pour faire entrer l’air frais. Tout cela prend du temps, mais ça tombe bien, on a toute la vie pour ça 😉

Aujourd’hui, mon corps est ce qu’il est : après avoir été chahuté par des hormones rebelles et des traitements médicamenteux tâtonnants depuis l’adolescence, il a porté la vie et a pris 18 kilos pour être certain que le nid serait tout confort. Beaucoup de ces derniers sont repartis, bien sûr, mais je porte les belles cicatrices de cette tranche de vie qui font ressembler mon ventre au tronc d’un vieux chêne. Est-ce que ce corps fait de moi une yogini de seconde classe ? Je ne crois pas. Moins instagrammable sans doute, moins « bankable » pour vous vendre des fringues de yoga hors de prix et des boissons énergisantes. Tant pis. Tant mieux !
J’entends résonner en moi cette phrase d’un de mes enseignants :
« Tu as un corps ? Tu as un esprit ? Tu as une âme ? Bon ! Tu peux faire du yoga ». Alors venez comme vous êtes, osez regarder le miroir authentique que le yoga vous tend, et cheminons ensemble pour vous faire aimer cette image unique et précieuse 🙂

Comment choisir son cours de yoga ?

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La rentrée approche et peut-être as-tu envie de découvrir/approfondir la pratique du yoga. Mais comment choisir son cours, parmi une offre prolifique ?
Je te présente ici les critères que j’utilise personnellement pour choisir mon cours, lorsque je décide d’être élève pour nourrir ma pratique.
Note importante : ils ne sont pas présentés par ordre d’importance !

Le côté pratique
Alors bien sûr, il y a l’aspect pratiquo-pratique du cours : est-il à côté de chez moi/de mon lieu de travail ? Est-ce que l’horaire me convient ? Est-ce que le tarif est conforme à mes possibilités ? Bon, ça paraît évident donc on ne va pas s’appesantir là-dessus.

Le type de yoga
Cette question s’adresse surtout à deux types d’élèves : ceux qui ont des besoins spécifiques, et ceux qui ont déjà un peu pratiqué et souhaitent approfondir un style de yoga en particulier.
 – J’ai des besoins spécifiques
Du fait d’une limitation physique plus ou moins importante (maux de dos, d’épaule, maladie chronique, arthrose ou autre), les cours de yoga « traditionnels » peuvent ne pas être accessibles. Bonne nouvelle ! Il existe des cours de yoga adapté, très doux et en petits groupes, qui utilisent des accessoires pour faciliter la pratique : tapis très épais, ballons de gym, espaliers, coussins… Il existe également des cours de yoga sur chaise, accessibles à tous les âges de la vie !

J’ai envie de pratiquer un style précis
Hatha, Ashtanga, Vinyasa, Mysore style, Kundalini, Yin, Sivananda… Oui oui, il existe mille et une écoles de yoga ! Mais gardes à l’esprit que tout cela reste… du yoga : le travail postural sera peut-être un peu différent, mais la philosophie sera la même. Disons que la destination peut être atteinte en prenant plusieurs chemins 😉
À noter : pour ma part, en tant qu’enseignante, je ne suis pas fidèle à un style, étant formée à plusieurs… J’aime plutôt varier les plaisirs en fonction de l’énergie du moment, justement pour expérimenter le corps de plusieurs manières. Cette approche peut séduire un pratiquant en recherche d’éclectisme, mais peut aussi rebuter le yogi « fan » d’une école bien précise ! N’hésite pas à te renseigner auprès de l’enseignant.

Le prof
Pour moi, c’est je crois le point le plus important… Qui est l’enseignant ? Quelle est son énergie ? Comment je me sens en sa présence ? Sa voix est-elle agréable pendant la relaxation ? Que vibre-t-il/elle lorsqu’il/elle enseigne ?
Pour cela, le mieux est encore d’essayer une séance… et de se faire un avis.
Personnellement, je suis très attentive à ce qu’il « vive » le yoga, lors de la séance mais aussi en-dehors du tapis. Est-ce qu’il incarne ce qu’il enseigne ? Depuis combien de temps pratique-t-il, est-ce que le yoga fait partie intégrante de sa vie, de sa philosophie d’être ? Est-ce que cet enseignant continue de se former, de pratiquer, de participer à des stages/conférences/ateliers/cours en tant qu’élève ? Tu as le droit de poser des questions !
Et parfois, il n’est même pas utile de poser ces questions : on le sait intuitivement. Parfois même avant de l’avoir rencontré, simplement en regardant sa plaquette/son site internet/sa page Facebook !
Alors, voici ma méthode : je me renseigne sur le prof. Je regarde ses supports de communication s’il en a, je vois si sa présentation « me parle ». Si c’est le cas, j’essaie l’un de ses cours, et j’avise ensuite si je souhaite poursuivre ou non avec lui.

Le nombre d’élèves
Il y a des cours à 10, 15, 25, 60 élèves… Et c’est important de le savoir, car cela peut changer la pratique !
Pour les yogis aguerris, un grand groupe ne pose pas vraiment de souci : si tu es autonome, que tu connais ton corps et es à l’aise avec les notions d’alignements demandés dans la plupart des asanas (postures), tu n’as peut-être pas besoin de l’attention assidue de ton enseignant. L’énergie d’un groupe important peut être très belle, lorsque l’on se sent porté par toutes ces personnes autour de nous qui pratiquent à nos côtés !
En revanche, si tu débutes ou si tu souhaites avoir une attention plus rapprochée, mieux vaut privilégier un petit groupe : l’enseignant garde un œil sur tout le monde et peut aisément venir apporter quelques petites améliorations posturales.
Personnellement, j’aime quand l’enseignant appelle ses élèves par leur prénom !
Il existe également les cours particuliers : plus onéreux c’est vrai, mais cela peut être très chouette si
– ton emploi du temps ne te permet pas de participer à une séance hebdomadaire,
– tu as un besoin spécifique (limitation physique, envie de débuter en étant très encadré etc…)
– tu as envie d’approfondir un point en particulier, d’aller plus loin sur un aspect précis de ta pratique.
Ces cours sont évidemment sur mesure, avec une relation très personnelle à l’enseignant.

Voilà, j’espère que cet article pourra t’aider dans ton choix et je te souhaite une très belle pratique !

 

Les cinq principes du yoga

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On a souvent en tête que le yoga est une pratique posturale et respiratoire, ce qui est en partie vrai, mais seulement en partie ! Au-delà d’une activité physique, c’est avant tout un mode de vie, et je pourrais vous en parler des heures tant ça me passionne ! Mais pour aujourd’hui, je m’en tiendrai à vous partager les cinq principes du yoga selon le maître indien Sivananda. Revus à ma sauce, évidemment 😉

Premier principe – La relaxation correcte
Qui aurait l’idée de laisser le moteur de sa voiture tourner sans arrêt pendant des années, même lorsqu’elle est garée et ne roule pas ? Sans doute personne. À ce rythme, est-ce que la voiture ferait long feu ? Pas certain.
Pourtant, bien souvent, c’est ce genre de rythme que nous nous imposons : nos temps professionnels sont bien remplis, nos temps personnels sont surchargés d’activités diverses et variées, et même pendant nos temps de repos, la tête continue à remâcher des pensées, des projets, des soucis… Mais où est le bouton off de cette machine infernale ? Faut-il nécessairement attendre qu’un « gros truc nous tombe dessus » pour nous forcer à ralentir la cadence, à s’écouter un peu plus et à accepter de se poser ?
La relaxation peut prendre différentes formes : scan corporel, exercices respiratoires doux, visualisations, musique douce… Le but étant surtout de prendre ce temps précieux pour soi.
Les effets ? Il sont multiples, mais notons surtout l’activation du système nerveux parasympathique qui amène le ralentissement du souffle et du rythme cardiaque, la baisse du taux de cortisol dans le sang (hormone responsable du stress), une meilleure digestion etc…
La relaxation fait partie intégrante d’un cours de yoga : au début, au milieu et/ou à la fin en fonction des écoles et des enseignants, elle est essentielle pour permettre aux cellules d’assimiler tous les bienfaits de la pratique ! Un peu comme un sachet de thé qu’on laisserait infuser quelques minutes pour donner une nouvelle saveur à l’eau présente dans notre tasse…

Deuxième principe – L’activité correcte
Là-dessus, tout le monde est d’accord : notre corps est fait pour bouger, et les bienfaits d’une activité physique ne sont plus à prouver !
Le yoga précise néanmoins qu’une activité « correcte » permet de travailler toutes les parties du corps et ce de différentes manières : étirement et renforcement des muscles, des ligaments, des articulations, des organes, de la colonne vertébrale… Le tout en demeurant à l’écoute de ses sensations.
Ce travail permet de délier les tensions en profondeur, de redonner de l’énergie, de rajeunir les différents systèmes du corps.
Attention ! On a tendance à croire, photos Instagram sur une plage californienne à l’appui, que le yoga est une discipline pour les personnes souples et athlétiques, des individus capables de faire le grand écart, de mettre un pied derrière la tête ou de tenir en équilibre sur deux doigts : ça peut. Mais on peut aussi pratique en étant raide comme un bâton de marche nordique, en ayant un problème d’épaule, de hanche, un fort embonpoint, voire des difficultés à marcher… Ça sera peut-être moins spectaculaire, moins « instagrammable », mais le yoga n’est pas du cirque ! Je crois que cela fera l’objet d’un article, car la question me revient tellement souvent… « Est-ce que je peux ? » : bien sûr que oui !

Troisième principe – La respiration correcte
Pratiquer le yoga en apnée, c’est compliqué ! Comme n’importe quelle activité d’ailleurs : essayons donc d’aller faire un jogging sans respirer, nous n’irons pas bien loin et aurons une drôle de couleur !
Lorsque l’on débute le yoga, c’est surtout lors de la salutation au soleil que l’on goûte à cela : ce n’est pas le mouvement qui dirige le souffle mais l’inverse. Au départ, c’est souvent fastidieux d’enchaîner les différentes postures tout en pensant à sa respiration : petit à petit, avec la pratique, cela devient tout à fait naturel. On peut alors habiter pleinement l’instant et enchaîner les salutations au soleil sans fatigue, peut-être même jusqu’au fameux nombre 108 😉
La respiration correcte, c’est de respirer pleinement et rythmiquement. Pour cela, il est nécessaire de se familiariser avec notre souffle afin de contrôler les inspirs et les expirs. En yoga, on utilise les pranayama (exercices respiratoires) pour (ré) apprendre à respirer avec différents buts : une respiration dynamisante en début de pratique, puis apaisante avant la relaxation finale. Prana signifie énergie vitale (le qi en chinois), yama signifie contrôle. Ainsi, la respiration offrirait la possibilité de contrôler son énergie !
Il existe toute une gamme de pranayama, certains étant très puissants. Il est important d’être guidé par un enseignant au départ, surtout pour les exercices plus complexes. En attendant, se familiariser avec les respirations abdominales et thoraciques est déjà un bon début.

Quatrième principe – L’alimentation correcte
« Que ton aliment soit ton seul médicament », « la santé se trouve avant tout dans l’assiette », « ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé ». Les phrases nous invitant à veiller sur notre alimentation sont nombreuses. En yoga aussi, on part du principe que l’alimentation nous offre de l’ojas, de l’énergie, de la force, de la puissance.
Bien entendu, les recommandations sont de manger des aliments frais et de saison, jusque là rien de très nouveau au soleil.
En yoga, on parle aussi de respecter le principe d’ahimsa : la non-violence, le respect de la vie. Et cela se retrouve dans l’assiette, avec un régime végétarien mais pas forcément vegan.
La nourriture présente également, comme toutes les choses physiques en ce monde, l’une des trois qualités appelées gunas : elle peut être sattvique (équilibrée), rajasique (énergétique, excitante) ou tamasique (inerte, lourde). Par exemple, dans les textes yoguiques il est dit que le café, l’ail et les oignons sont plutôt de qualité rajasique (excitants) donc à éviter, de même que les champignons, plutôt tamasiques (inertes).
Alors bien sûr, ce ne sont que des préceptes, l’idée étant de tendre vers le sattvique, l’équilibre, mais nous ne sommes pas des ascètes et sommes libres de consommer ces nourritures en conscience de ce que cela nous apporte.
Plus on avance sur le chemin spirituel, plus les perceptions deviennent subtiles et plus on peut ressentir l’effet des aliments que l’on ingère sur notre niveau d’énergie. À vous d’en faire l’expérience 🙂

Cinquième principe – La pensée correcte
Une fois que nous sommes bien reposés, bien étirés, bien oxygénés et bien nourris, il nous reste à prendre soin de notre tête… Et c’est ce que préconise ce cinquième et dernier principe. La pensée correcte sous-tend la pratique de la pensée positive et de la méditation, pour clarifier le mental et en observer les mécanismes dans le but de mieux les transcender. S’observer pour mieux se comprendre, pour mieux s’aimer, pour se transformer en la meilleure version possible de soi-même en nous affranchissant de nos vieilles habitudes, de nos peurs, de nos conditionnements… Et devenir la personne libre que nous sommes appelés à être 🙂

 

 

Pour une grossesse naturelle & « yoguique »

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Je vis actuellement ma première grossesse et depuis le départ, les choses se sont faites de manière assez surprenantes : j’ai su que j’étais enceinte bien avant le fameux test !
Et puis, une fois la -jolie- surprise passée (ce bébé était projeté mais pas attendu là tout de suite), il est devenu évident pour moi que je souhaitais vivre cette expérience unique le plus naturellement possible, à l’écoute de mon corps.
Je vous partage ici mes expérimentations. Loin de moi l’idée de prêcher que c’est « la bonne manière de faire », c’est simplement « ma manière de faire », sans prétention. Chaque corps est différent, chaque histoire est différente, et tant mieux !
Je trouve cela grisant de se sentir aventurière sur un terrain encore inconnu – celui de la maternité – et de l’explorer de cette manière : en pleine conscience 🙂

Je n’ai pas à me plaindre : je vis jusque là une grossesse relativement sereine. J’ai bien entendu quelques petits désagréments, mais au vu de ce qu’on entend autour de soi, je m’estime vraiment chanceuse !
Voici tout de même quelques petits maux pour lesquels j’ai dû chercher des solutions.

1) Les acidités et reflux œsophagiens
dûes à l’action des hormones qui rendent toutes les parties du corps plus souples en vue de lui permettre de s’ouvrir pour faire de la place au bébé. Ce phénomène s’intensifie en fin de grossesse puisque l’utérus prend tellement de place dans l’abdomen que les organes digestifs viennent se « tasser » sous le diaphragme et contre la colonne vertébrale.
Mes astuces :
Bien entendu, mon médecin s’est empressé de me prescrire du Gaviscon, que j’ai tardé à aller chercher à la pharmacie : pour le moment, j’en ai pris une fois et j’ai trouvé ça assez dégueu.
J’ai décidé de faire sans et d’expérimenter par moi-même pour le moment. Voici ce qu’il en ressort :
– Manger une petite poignée d’amandes en fin de repas
– Ne pas s’allonger directement après manger. Et lorsque je m’allonge, je surélève ma tête avec un coussin supplémentaire.
– Boire un verre de lait végétal et/ou manger une pomme
À ce jour, ça marche pour moi !

2) Le mal de dos
C’est surtout avec mon dos que c’est compliqué, et je suis consciente que ça ne va pas aller en s’arrangeant !
Les hormones ont encore frappé, et notamment la relaxine : elles travaillent si bien sur mon bassin en vue de son ouverture que mes ligaments sont hyperlaxes et de fait, les sacro-iliaques sont fragilisés, ce qui occasionne une douleur très régulière dans mon nerf sciatique, surtout à droite (mais parfois le gauche dit coucou aussi !). Le muscle piriforme est lui aussi douloureux et contracté. En bref, dès que je me penche en avant, je reçois une décharge électrique d’ampleur variable. « Suffit de pas te pencher » me direz-vous. Sauf que je suis prof de yoga, que je passe ma vie à me pencher et à me tordre dans des directions improbables. Et puis le simple fait de me tourner dans mon lit la nuit me fait mal. Bon, voici mes astuces du moment :
– Je vois une osthéopathe de temps à autre qui me soulage temporairement, mais je n’ai pas la possibilité d’aller la voir toutes les semaines !
– On m’a prêté une petite couverture chauffante qui me sauve littéralement : dès que je m’allonge, je l’allume et la place sous mon dos/fesses pour chauffer la zone endolorie et je me lève (presque) comme neuve !
– Si je n’ai pas la possibilité de m’allonger, je m’attache une bouillotte d’eau chaude sur le dos à l’aide d’une écharpe, pour un look geisha des plus tendances (blague).
– On m’a prêté une ceinture de grossesse qui se porte sur l’os pubien et au milieu des fesses environ. Très serrée, elle permet de maintenir les os iliaques. Je la porte lorsque je dois marcher, en revanche elle est assez inconfortable en étant assise. Lors des séances de yoga, elle m’aide à tenir bon mais est parfois bien inconfortable dans certaines postures. Et lorsque je la retire, j’ai l’impression que tout mon bassin s’effondre puisqu’il n’est plus maintenu, ça fait une drôle de sensation !
– Le repos…
– Quelques postures de yoga douces pour détendre les sacro-iliaques. Celle qui me sauve en ce moment ? La version de base de kapotanasana, le pigeon !

Bon, on ajoute à cela un nez tout sec (une goutte d’huile de sésame dans les narines – recette ayurvédique- et ça repart !), des saignements de nez réguliers, une fatigue qui tombe dessus comme une massue, une tendance à être émue pour des clopinettes etc. Mais globalement, rien de bien méchant !

Deux bouquins vraiment chouettes qui me soutiennent pendant cette grossesse :

  • Yoga & Méditation pendant la grossesse, de Mell Campbell : une posture et une méditation par semaine, en lien avec l’étape de développement du bébé. Un chouette moyen d’être connectée à ce que le bébé vit !
  • Ma grossesse bio et naturelle de la conception à la naissance de Marie Touffet : soins bios contre les maux de grossesse, guide de préparation à l’accouchement, calendrier mois par mois… Une mine d’infos !

On m’en a prêté beaucoup d’autres, mais j’avoue que ce sont les deux qui m’ont le plus « parlé ».

[Le volet « Préparation à la naissance en conscience » paraîtra prochainement !]

Mon épicerie pour garder la forme
En tant que végétarienne depuis 5 ans, il est bien évident que je fais attention à mes apports en protéines et en fer. Je pensais que la grossesse allait faire chuter mes taux, mais non, tout va bien ! Comme quoi, on peut être végétarienne et enceinte et en super forme, n’en déplaisent aux sceptiques…

Pour être au top, en plus d’une alimentation équilibrée et bio labellisée « 5 fruits et légumes par jour », j’ajoute des super aliments :
– Levure de bière
– Spiruline
– Graines germées
– Graines de lin, de tournesol et de courge
– Huile d’olive, de noix et de noisette
– Algues à saupoudrer sur les plats/les salades

Je tiens à préciser que ce « régime » ne m’empêche pas d’avoir pris pas mal de kilos (je reste gourmande et enceinte hein !), mais cette alimentation me permet à 7 mois de grossesse d’être globalement en forme, d’assurer ma dizaine de cours par semaine sans (trop) de soucis ainsi que d’honorer mes engagements personnels à droite à gauche ! Et ça, c’est très précieux 🙂

À bientôt pour parler naissance en conscience !

Mais au fait, Palmo Shanti, « elle » fait quoi ?

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Si on en croit le site internet de Palmo Shanti, je ne propose que deux cours par semaine. Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé si j’intervenais ailleurs, si je faisais autre chose à côté…
J’ai décidé de répondre aux curieux 😉

Alors effectivement, les deux cours sur le site ne sont que la partie immergée de l’iceberg.
Je n’ai pas de travail complémentaire à côté : j’enseigne le yoga à temps plein !
En fonction des semaines, on peut me trouver :
– dans plusieurs entreprises
– auprès de seniors dynamiques chez une kinésithérapeute
– dans une résidence service pour personnes seniors
– dans une crèche avec des p’tits bouts
– auprès d’adolescents en difficulté
– auprès de personnes cérébro-lésées
– dans des cours particuliers
– intervenant ponctuellement pour un évènement dans une entreprise ou une institution
-…

Vous le constaterez, les profils des yogis avec lesquels je pratique sont très variés, et c’est exactement ce que je souhaitais ! Je n’ai jamais aimé la routine : chaque cours ou presque est différent, il n’y pas ou très peu de répétition au fil de la semaine. Il est évident qu’on n’enseigne pas de la même manière à un p’tit loup de 2 ans qu’à un papi de 94 😉 J’aime infiniment cette richesse !
Alors bien sûr, cela a ses petits inconvénients : cela requiert un temps de préparation assez long pour chaque séance, beaucoup de recherches et surtout une capacité d’adaptation de folie… Il m’arrive fréquemment d’avoir préparé une séance qui ne « colle » pas aux possibilités des élèves dans le moment présent. Il faut alors trouver des propositions nouvelles, des adaptations inattendues et tirées du chapeau : oh oui, c’est une vraie gymnastique pour mon cerveau aussi 😉
Au bout du compte, j’ai l’impression de m’enrichir à chaque cours, de développer une grande créativité, et j’apprends tellement au contact de toutes ces personnes !
Voilà, maintenant vous savez 🙂

3 ans plus tard…

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Cela fait presque trois ans que je ne suis pas venue écrire sur ce blog. Le dernier article parlait du début de la fin de mon « ancienne vie », lorsque j’ai quitté mon emploi toulousain pour vivre un rêve : revenir sur ma terre niortaise natale et y enseigner le yoga à temps plein. Oh, comme l’eau a coulé sous les ponts depuis ! Lorsque l’on ose dire « oui » à la vie, c’est fou ce qu’elle nous réserve !
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Alors voilà, petit bilan trois ans plus tard :
J’ai effectivement quitté la ville rose et ai retrouvé Niort après… dix ans de pérégrinations. La ville a bien changé (en mieux), et quel bonheur de rencontrer d’autres Niortais qui, comme moi, sont partis explorer le monde et sont revenus aux sources ! Il me semble important d’aller voir par soi-même si l’herbe est plus verte ailleurs, pour mieux revenir 😉
Côté pro, j’ai donné naissance au projet Palmo Shanti, avec des cours de yoga, des ateliers thématiques, des week-ends… J’ai rencontré pleins de gens formidables, des tout-petits, des enfants, des ados, des adultes, des personnes à mobilité réduite ou malades, des seniors, des grands seniors… J’ai enseigné le yoga la tête en bas, assise sur une chaise, les jambes en l’air, en équilibre sur les mains… Je vous ai rencontré dans une salle d’entreprise, en plein air, dans un centre de rééducation fonctionnelle, dans le salon d’honneur de la mairie, dans une petite salle au sol en tatamis… Que d’aventures !

Et puis, ces derniers jours, je me suis dit que j’avais envie de redonner un second souffle au blog de Mamzelle Palmo. Le faire renaître de ses cendres, trois années plus tard. M’offrir à nouveau un espace d’expression, autour des thèmes qui me font toujours profondément vibrer : la quête de sens, le bien-être, le yoga, la méditation, le retour à une vie plus simple… Avec un nouvel ajout : la maternité ! En voilà une nouvelle aventure 😉
Alors voilà, ici tu trouveras le fruit de mes prises de conscience, de mes pensées, de mes recherches. Si cela résonne en toi, alors tant mieux 🙂

Bonne lecture et à très vite !
Tiphaine